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Peut on faire sauter des foals en liberté ?
Permettez moi de réagir aux réactions tout à fait légitimes des
Equisupiens sur le saut en liberté des foals. Je comprend tellement
leur réaction que j’ai mis trente ans à le faire…
Quatre questions sont à se poser ? 1. Est-ce utile ? Oui parce que ça permet de faire un premier test d’allure et d’équilibre (le galop) et d’aptitude à l’obstacle, de voir si les poulains ont le sens de la barre, s’ils ont une bonne technique, s’ils sont courageux, s’ils sont fait pour le sport de CSO ou pour un autre, enfin de décider si on doit les garder à l’élevage et si l’on peut retourner au jeune père, dont malgré sa saison de quatre ans, on a peu d’indices. 2. Est-ce néfaste pour les foals ? Si c’est bien fait non ; les foals, qui ont été filmés, ont sauté quatre fois, et ne resauteront qu’à trois ans. Ils l’on fait très bien, d’eux même, comme un jeu. Empêche-t-on de jeunes gamins de sauter d’un mur, d’un arbre, de faire pipi plus loin que le copain ? 3. Comment cela doit il être fait ? On passe d’abord des barres parterre en main, puis on lâche ensuite les foals sur une toute petite barre dans un rond pas trop grand (l’idéal 25m), et dès qu’ils commencent à bien tourner, à se TENDRE et à se redresser on leur met des barres un peu plus conséquentes ; tout cela doit être fait dans la confiance, les séances doivent être courtes. Ils ne doivent jamais se faire mal, et donc les barres doivent à peine tenir. 4. Le résultat du test a-t-il une valeur absolue ? Hélas NON, car comme tous les gens de chevaux le savent bien, les chevaux sont évolutifs, et c’est leur évolution, et les différents caps à passer qui détermineront leur aptitude ; nombreux sont les chevaux qui ont été brillants de 3 à 6 ans et que l’ont a pas revu, et d’autres, certes moins nombreux, qui ont été très médiocres et jugés inaptes de 4 à 6 ans, et qui ont fait des champions comme Rochet Rouge. Une quinzaine de personnes étaient présents à cette vidéo, dont Laurent Boyer, Jean-Manuel Charmes, Stéphane Chalier, Charles Comparat, Jean Luc Fautras, Nicolas Ravaud, Ludovic Pottier, et tous ont été unanimes; ils ne sont pourtant ni fous, ni incompétents !!! Les concours de foals et de deux ans sont beaucoup plus dangereux, car les foals sont poussés en alimentation pour être le plus beau possible, et on accélère artificiellement leur croissance, quant aux deux ans on leur donne un travail régulier qui les empêche de finir tranquillement leur croissance au pré. Quant aux chevaux de course qui rentrent à l’entraînement yearling, personne ne semble s’en émouvoir !!! L’ostéochondrose qui affecte nombreux de nos chevaux, atteint fréquemment des foals, lâchés le matin au pré, et qui trop joyeux en galopant et en glissant, se font des déchirures ligamentaires. |