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COMMENT NE PAS HURLER AVEC LES LOUPS ?

Cela fait malheureusement des années que la gestion de l'ANAA ne fait pas preuve de la rigueur attendue d’une institution percevant des subventions publiques d’un montant conséquent.
Etant il y a 3 ans Administrateur de cette association, j'ai eu l'occasion de demander des éclaircissements par écrit au Président sur des points juridiques, comptables ou de gestion, et notamment sur l'absence de rapport d'un commissaire aux comptes, l’absence d’un suivi financier du programme d’élevage, le non respect des règles juridiques nécessaires à la prise de décisions de l’ANAA et j’en passe et des meilleures.
La façon de répondre a toujours été la même, jamais de face, toujours par tiers interposé : une fois l’expert comptable, une fois Jacques Hamel, une fois François Guibert… Et le but recherché a toujours été le même, refuser de lâcher un pouce de terrain pour conserver le pouvoir. Et quand le Président prend la parole, ce qu’il cherche avant tout c’est parler, parler, le débit des mots plutôt que la vérité des phrases.
Au cours des dernières années combien d’éleveurs lui ont fait part de leur mécontentement ? Combien d’Administrateurs se sont élevés contre cette caricature de concertation, au point pour un certain nombre dont j’ai fait parti, de démissionner plutôt que de s’épuiser à force de joutes stériles face à une mauvaise foi que le soutien de la tutelle semblait légitimer.
Notre Président a monté à bout de bras, à Sames, à 300 mètres de chez lui, un projet de manège mégalomaniaque. Comme il me l’a fortement fait savoir lors d’une réunion du Conseil d’Administration, les fonds c’est lui qui est allé les chercher au Ministère, il entendait donc en disposer comme il le souhaitait.
Au point d’ailleurs de faire porter ce projet par l’ANAA, dans un flou tellement artistique que les comptes de Sames Valorisation, jamais encore produits par le bon Président Tescari à ce jour, n’étaient censés rien reprendre du projet. A moins qu’aujourd’hui, sous la pression des évènements, les priorités ne soient plus les mêmes et les choix d’hier délaissés au profit des nécessités de l’instant.
Au point également de reprendre dans les comptes 2007 de l’ANAA, présentés au jumping de Bordeaux, les dépenses d’investissement de Sames Valorisation comme autant de charges propres à l’ANAA, et les prétendues subventions à recevoir, comme autant de fonds à recevoir par l’ANAA également.
Inutile de préciser que Sames Valorisation n’attend pas de subventions suffisantes à financer lesdits investissements.
Par contre, notre cher Président compte bien, après le manège Toubin Clément dont il a du mal à faire assurer l’entretien, les boxes Rinco Carlo qui accueillent quelques chevaux des rares éleveurs capables d’assumer eux-mêmes l’hôtellerie et les tournées de grains, après le bureau du siège social de l’ANAA (réellement décidé par quel organe et quand ?) obstinément vide malgré un investissement de plus de 15.000€ (selon les comptes), après tout cela donc notre Président estime l’heure venue de passer à l’étape supérieure !
L’étape supérieure, grâce au financement public escompté évidemment, c’est raser un hectare de kiwis pour faire une carrière Toubin Clément, un rond d’Avrincourt, un bar restaurant. Alors, et alors seulement d’après lui, on pourra faire fonctionner ce centre, aujourd’hui sans vie, pour qu’il devienne LA référence de l’élevage français, la revanche tant attendue de l’Anglo Arabie. En attendant, les rentrées ne suffisent pas à payer les dépenses, ne serait ce que le loyer. S’il vous plait, Messieurs des Subventions, acceptez ses nouveaux projets, il reste sûrement encore des factures à payer des tranches précédentes.
Pourtant, au nom de l’ANAA, il s’est engagé, auprès des Administrateurs de Sames Valorisation, à utiliser le Centre pendant l’équivalent de trois mois pleins (17 boxes quand même!) utilisation justifiée notamment par le testage des candidats étalons AA, moyennant finances, mais lesquelles. Quand mégalomanie et utopie font bon ménage…
Aujourd’hui la fin d’un règne semble proche, mais comment en être sûr ?
Alors, Monsieur le Président, il est temps de faire ce que vous aviez promis devant le conseil d’administration de l’ANAA à Tarbes en octobre 2005 une fois que le programme d’élevage serait mis en place : « Démissionner ». Et si vous pouviez en profiter pour décider votre poulain, Daniel Tescari, à en faire autant à Sames Valorisation je ne serai sûrement pas le seul à vous en être reconnaissant.
Par contre, à l’inverse de certains autres, je pense que vous serez maître de la destination de vos prochaines vacances. Mais vous verrez qu’on les savoure davantage quand on a l’esprit libre et qu’il a fallu en assurer soi même le financement…

Denys AUDOUARD
Elevage du Doral Adour